Kinshasa, 17 décembre 2025, Les travaux du « Dialogue entre les Ministères sectoriels, les Communautés Locales et les Organisations des Peuples Autochtones Pygmées (PAP) sur les Droits et implications de ces derniers dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et programmes de développement en RDC » ont été officiellement ouverts ce mardi 17 décembre 2025 à l’Hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe. Cet atelier national se tient du 17 au 19 décembre 2025 et réunit les principales parties prenantes autour de la protection, de la promotion et de l’opérationnalisation des droits des peuples autochtones pygmées en République Démocratique du Congo.

Organisé par le Ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, à travers le Secrétariat général aux Affaires coutumières, en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), ce dialogue s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre effective de la loi n°22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées, ainsi que de la loi n°15/015 du 25 août 2015 fixant le statut des chefs coutumiers.

Une ouverture marquée par des engagements politiques forts

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par plusieurs allocutions de haut niveau. Après le mot d’ouverture du Secrétaire général aux Affaires coutumières, le Chargé des programmes du portefeuille FIDA en RDC ainsi que le Vice-Ministre aux Affaires coutumières ont successivement pris la parole.

Dans son allocution, le Vice-Ministre aux Affaires coutumières, SE. Jean-Baptiste Ndeze a insisté sur la nécessité de vulgariser et surtout de mettre en œuvre efficacement la loi n°22/030, tout en rappelant l’importance de la loi n°15/015 dans l’organisation et la reconnaissance des autorités coutumières. Il a salué le partenariat stratégique entre le Gouvernement congolais et le FIDA, qui finance et appuie techniquement plusieurs projets structurants, notamment AVENIR, PADRIR et PASA-NK.

Le Vice-Ministre a également mis un accent particulier sur l’implication accrue des peuples autochtones pygmées dans les projets de développement, notamment dans le cadre de la mise en place du Couloir vert Kivu-Kinshasa, présenté comme la plus grande aire de conservation au monde. À cet égard, tout saluant la vision et les efforts du Chef de l’Etat, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il a rappelé que les peuples autochtones pygmées sont les premiers concernés par tous les projets de développement qui seront mis en œuvre dans cette zone stratégique.

Le FIDA plaide pour une inclusion renforcée et des projets adaptés aux réalités locales

Prenant la parole au nom du FIDA, M. Waly Diouf, Chargé des programmes du portefeuille FIDA en RDC, a rappelé que l’objectif principal de cet atelier de trois jours est de renforcer l’implication des peuples autochtones pygmées à toutes les étapes du cycle des projets et programmes de développement, depuis la formulation jusqu’à la mise en œuvre.

Il a souligné que, au-delà des projets AVENIR, PADRIR et PASA-NK, le Gouvernement congolais et le FIDA travaillent à la mise en place d’un nouveau programme à partir de 2026, pour lequel les leçons apprises des projets en cours seront capitalisées. Cette approche vise à garantir une participation effective des peuples autochtones pygmées, afin qu’ils contribuent pleinement à la protection de la biodiversité, tout en bénéficiant de programmes sensibles aux réalités locales.

M. Diouf a également mis en avant les efforts déjà engagés par le Gouvernement et le FIDA en matière de renforcement des capacités et d’autonomisation des peuples autochtones pygmées, en vue d’améliorer durablement leurs conditions de vie et leur sécurité alimentaire, à travers des expériences concrètes menées à Walikalé dans le cadre du projet PASA-NK, à Maï-Ndombe avec le projet AVENIR et au Maniema à travers le projet PADRIR, projets qui ont par ailleurs intégré des approches novatrices telles que l’élaboration de plans dédiés aux peuples autochtones, la mise en œuvre du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP), la valorisation des savoirs traditionnels, ainsi que l’inclusion économique des femmes et des jeunes autochtones.

Trois jours d’échanges pour des recommandations opérationnelles

Durant ces trois jours, les participants, représentants des institutions publiques, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et délégués des peuples autochtones pygmées examineront les mécanismes permettant d’assurer une mise en œuvre harmonieuse des textes légaux, de renforcer la sécurisation foncière et forestière, de promouvoir l’inclusion économique et de valoriser les savoirs endogènes des peuples autochtones.

Les conclusions et recommandations issues de ce dialogue national alimenteront notamment la formulation du nouvel investissement du cycle IFAD 13, ainsi que l’élaboration d’un plan d’action multi-acteurs en faveur des droits et du développement inclusif des peuples autochtones pygmées en République Démocratique du Congo.

Hyperbole Mwanandeke